Historique

Les Berbères : aux origines d’un peuple millénaire

 Du Maroc à L’Egypte, en passant par la Mauritanie, le Sénégal, le Mali et le Niger, les Berbères occupent et ont toujours occupé une place de choix dans la culture et dans l’histoire africaine et mondiale. Aujourd’hui, en lutte identitaire et culturelle face à des gouvernements qui prônent un certain retour au panarabisme et un nationalisme patriotique nouveau, les Amazigh ne se laissent pas intimider et continuent de lutter pour affirmer leur identité millénaire et leurs racines historiques ancrées dans l’Afrique depuis l’aube de la civilisation.
Pour mieux comprendre les racines de ce peuple fier, voici une introduction à certaines notions, concepts et faits historiques qui font partie de l’identité amazigh.


Les Berbères, des hommes libres

A l’origine de l’appellation berbère, le terme barbare, du latin barbarus, lui-même issu du grec ancien βάρϐαρος bárbaros et qui signifie (« étranger »). Les Berbères ne se désignent pas par ce terme, et lui préfèrent plutôt le nom Imazighen (Imaziγen), pluriel de Amazigh. Les anthropologues ne connaissent pas précisément l’étymologie de ce terme mais plusieurs versions sont proposées : Amazigh aurait le sens d’« Homme libre » ou de « rebelle ».

 

Le berbère, une langue cousine de l’égyptien ancien

A l’époque de la colonisation, certains ethnologues et anthropologues amateurs ont effectué des rapprochements simplistes et parfois même fantaisistes avec des langues comme l’indo-européen, le celtique voire même les langues amérindiennes et le grec. Mais c’est le linguiste français Marcel Cohen, spécialiste des langues orientales, qui met fin à ces hypothèses en intégrant cette langue dans la grande famille des langues chamito-sémitiques qui comprend, en plus du groupe sémitique, l’égyptien et le couchitique.
Aujourd’hui, on dénombre une trentaine de variétés de langues berbères ou « Tamazight », parmi lesquelles le chaoui, le soussi, le rifain, le kabyle, le chenoui, le mozabite, le tamasheq, le nafoussi…et l’on estime leurs locuteurs à plus de 45 millions dans le monde.


Les Berbères, aussi vieux que les pharaons

Les Berbères sont connus depuis l’antiquité pharaonique sous les noms de Lebu, Tehenu, Temehu, ou Meshwesh. Ils ont formé des tribus, mais également des royaumes ancestraux comme la Numidie avec ses rois Gaïa, Syphax, Massinissa, Juba I et Juba II. Ce sont eux également qui ont été derrière la création de l’ancienne Libye, et les rois des XXIIe et XXIIIe dynasties égyptiennes étaient également berbères.

Les Berbères du désert

L’expansion berbère a été attestée à travers le Maghreb, l’Egypte, certains pays africains et également le sud du Sahara. Les tribus les plus anciennes ont formé dans cette région désertique la grande famille des Capsiens, la plus récente des tribus étant celle des « hommes bleus du désert » ou Touaregs.

Les grandes dynasties du Maghreb

Les Almoravides et les Almohades, deux grandes dynasties qui ont dominé l’Afrique du Nord et l’Espagne, sont originaires de groupes de tribus berbères convertis à l’Islam. Ces deux dynasties vont largement changer le paysage politique de la région avec des répercussions majeures sur l’Europe et le Moyen-Orient.

Source : Afrizap

 L'ALGERIE CONFISQUEE

Harem du sultan

Harem du sultan : entre Orhan Pamuk et les nouveaux ottomans
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Nous Algériens, écrivains, historiens, chercheurs universitaires et même simples citoyens, nous traînons en nous, en héritage intellectuel, un complexe envers une vérité historique qui est la colonisation turco-ottomane de l’Algérie (1515-1830). Dès qu’il s’agit d’évoquer le rapport colonisé-colonisateur pendant la période turco-ottomane dans notre pays, une crispation intellectuelle prend le dessus.

Il faut le dire, le dire clairement à nos élèves, à nos étudiants et à nos lecteurs que ce qui est appelée dans nos manuels scolaires, dans nos thèses universitaires, dans nos débats “présence ottomane en Algérie”, était bel et bien “une colonisation”.
Notre pays est passé d’une colonisation turco-ottomane à une autre française. L’Algérie a vécu deux épreuves historiques consécutives : le mal de la colonisation orientale et celui de la colonisation occidentale. Notre peuple a goûté aux deux recettes !! Shawarma et Omelette !
Parce que la colonisation turco-ottomane était menée par l’empire musulman, nos historiens, et à leur tête Abou El-Kacem Saâdallah (1930-2013) que je respecte beaucoup, n’ont jamais admis de dire et de dénoncer ce que les Algériens ont enduré pendant trois siècles de la répression turque. Une colonisation pure et dure.
Après trois siècles de colonisation turco-ottomane, les Algériens se demandent aujourd’hui : y a-t-il quelque chose de qualité ou d’exception que la “présence !” turco-ottomane nous a léguée en matière de culture, de littérature, de langue, et même d’architecture hors quelques grandes cités ?
Citez-moi un seul poète, en arabe, en tamazight ou en turc qui a marqué cette époque ? Citez-moi un seul grand savant dans une des trois langues témoin de cette Histoire ? Un historien ? Un féqih moderne ? Un littérateur ?
Certes, les Turcs-Ottomans nous ont légué des souvenirs sur la pauvreté et les stigmates de l’analphabétisation. Ils ont ramassé les impôts (al-kharaj) en argent, en or, mais aussi en chèvres, en mulets, les caisses de blé, d’orges, des figues sèches… et des petites filles enlevées pour garnir les harems du palais du sultan !  Pour les Algériens, les fellahs et les artisans et commerçants de cette époque turco-ottomane, leur vie n’était pas en rose. Les historiens ont rapporté quelque chose sur les massacres turcs en Algérie : “Suite au refus de payer injustement les impôts imposés et l’accessibilité à la forêt de Mizrana pour l’extraction du bois et du liège, le pouvoir turc a organisé, le 29 mai 1825, une expédition punitive contre le village Aït Saïd... qui a provoqué la mort de plus de 300 citoyens du village. L’expédition a été menée par Yahia Agha à la tête de plus de 600 janissaires… Certaines têtes des chefs du village ont été prises par les turques pour les exposer à Bab Aoun devant les chefs turcs”. D’autres témoignent : “Entre 1805 et 1813, plusieurs insurrections prirent place, dont celles de 1816 et 1823. Il en fût ainsi également dans les Aurès où les Chaouis avaient interdit toute présence effective du pouvoir ottoman. En 1520, un certain Sidi Ahmed ou El-Kadhi se démarqua des autres Kabyles en résistant à la colonisation turque. Il avait même réussi à s’emparer d’Alger, forçant le chef de bande, Kheir Eddine Barberousse à se replier à Jijel. Le 20 juillet 1535, Kheir Eddine Barberousse lance un raid sur l’île de Minorque, dans les Baléares ; il enleva des centaines de captifs et les fit vendre au marché des esclaves, à Alger”.
Dans ses romans, l’écrivain turc Orhan Pamuk, lauréat du prix Nobel en 2006, a hautement décrit le danger que représente la culture nostalgique ottomane sur la pensée politique dans la société moderne turque. Le passé de la piraterie et des razzias, qui a longtemps marqué l’histoire turco-ottomane, est de retour. Aujourd’hui, le populisme conjugué à l’islamisme cuisiné dans une sauce de nostalgie ottomane passéiste est la plateforme capitale des islamistes, à leur tête les frères musulmans, parti au pouvoir en Turquie, et qui petit à petit, tirent la société vers des pratiques de la période ottomane, l’époque de Harem sultan ! Loin de l’occidentalisation et de la raison.

Publié par Amine Zaoui le 21-07-2016 Journal Liberté

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